Il n’est pire servitude que l’espoir d’être heureux.

20112009

Carlos Fuentes

“Le soleil se couche sur Anvers, on m’a roué de coups, dépouillé de toutes mes affaires, ça m’a fais un bien fou”… Volo

Les herbes rases s’affolent sous le vent, j’avance lentement en gardant les mains dans mes poches. Je déteste l’espoir et les illusions. Je déteste le temps et l’avenir, la vieillesse et l’humain. J’ignore tant de choses et elles me semblent tellement inacessibles. Je n’ai plus de forces pour m’évader.

Peut-être ai-je besoin de toi…

Peut-être ai-je besoin de musique, de beauté, de sublime…

Je ne crois pas être capable de vivre dans ce monde si longtemps.

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Dubuffet - Lithographie




Epargner ceux qui se soumettent et dompter les superbes.

18112009

Virgile

J’aurais voulu être un homme intelligent, je ne suis qu’une jeune femme avide. Il est bien sûr inutile de vous leurrer sur mes propos, ils ne recherchent que votre compatissance. Ils n’existent que pour eux-même. Je les regarde s’installer sur la page et s’ouvrir sous votre regard. J’imagine votre corps tendu sur la vieille chaise, le bureau qui marque vos avants-bras. Les agitations du monde au bord de votre fenêtre. La poussière qui s’accumule doucement. Peut-être le jour qui tombe, effrayant les oiseaux. La différence entre les factions isole les sentinelles. Je crois que je me laisse trop aller. Et pourtant je ne sais si cela mène à quelque chose. J’aimerais vivre un peu plus dans mes rêves. Mais je rêve trop. Je m’y chache si souvent que je ne me les rappelle de moins en moins… Et pourtant chaque jour l’aube me découvre… Et je n’aspire qu’à m’allonger encore.

Le désenchantement du monde comme un éclat transperçant nos seins.

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Ernst - L’ange du foyer ou le triomphe dur surréalisme




Chaque baiser est un tremblement de terre.

14112009

Lord Byron

Un soin cicatrisant. Un soin réparateur. De l’eau sans mesure. Se découvrir. Les apparences. Les discours. Cette énergie qui n’existe plus. Connaître les silences après l’illusion. Le point de départ où tout disparaîtra. Ensuite, les lueurs de l’aube ne me ressemblent jamais.

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La victoire de Samotrace




Je connais maintenant la définition de la guerre : la guerre, c’est la mort des autres. On ne la laisse durer que parce que ce sont les autres qui la font et qui en meurent.

14112009

Jean Guéhenno

De l’art de n’être si attentive au rien que je poste deux fois le même article. Je ne changes pas, un peu pour que vous preniez conscience que même une deuxième lecture n’apporte rien à la compréhension. Parce qu’elle n’existe pas. Nous ne sommes que sensations, comprendre est une utopie dans un monde si fluctuant que la communication nous submerge pour s’annihiler d’elle-même…

J’aimerais parfois, respirer…

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Turner




Le sublime touche, le beau charme.

13112009

Emmanuel Kant

Les ombres des nuages se découpent doucement sur les vallées. Les montagnes se confondent avec le ciel. J’ai le corps froid, les muscles engourdis par cette brise qui se love contre moi. S’exposer pour se rassurer. Évoquer les myriades et ralentir le passé. Le choc est violent et je m’emmêle dans la corde. Chaque soubresaut me cisaille et je ne sais où je suis. J’erre dans des paysages qui me paraissaient si lointain il y a peu. Mon étoffe s’essouffle de tous ces frottements. Mes lèvres se fendent. Les histoires que je racontent n’atteignent que mes oreilles. La bête approche, j’entends ses hurlements. Elle me suit mais je ne l’ai jamais vu. Elle me touche alors que je suis hors de portée de ses griffes. Comment écarter ce mur qui me fait face. Construction inutile et factice qui n’existe jamais vraiment tant sa laideur n’a d’issue. Le liquide fade et putride ne suffit plus à couvrir les fissures. Il se lézarde avec arrogance, trompant seulement les fous qui ne s’en approchent. Les traits, les traits, les traits, les apparences.

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Chervin




Comment le vent sait-il dans quelle direction il doit souffler ?

8112009

Stanislaw Jerzy Lec

Sa bouche touche mon nez. Dans ses cheveux je sens l’herbe, la maison et l’enfant. Le grain du papier est comme une peau qui la sépare. Ses yeux fermés, son visage si près du mien. Son corps et mes lèvres. Les yeux qui ne voient. Mes repères bascule et ma vie est hallucinée. Mes pieds ne me guident plus, mes mains s’irréalisent. Le jour ni la nuit ne m’efface et le sommeil n’est plus. La vague m’inonde doucement, de son flot perpétuel, de son rire si craint. Un château, des arbres et un rocher. Une vie qui part. Le musée ne peint plus. Les rêves ne peuvent plus. Les pavés s’irisent de l’essence de mon sang. Le bleu inonde, le bleu sale, le bleu noir, profond, inaccessible. Impardonnable. La mer, son importance, sa vengeance. Et les arbres, le château, l’herbe, la pierre, l’existence achevée. Son corps qui vibre, s’enfuit et me rejoins, qui exulte.

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Transylvanian concubine

7112009

Rasputina

Les ombres des nuages se découpent doucement sur les vallées. Les montagnes se confondent avec le ciel. J’ai le corps froid, les muscles engourdis par cette brise qui se love contre moi. S’exposer pour se rassurer. Évoquer les myriades et ralentir le passé. Le choc est violent et je m’emmêle dans la corde. Chaque soubresaut me cisaille et je ne sais où je suis. J’erre dans des paysages qui me paraissaient si lointain il y a peu. Mon étoffe s’essouffle de tous ces frottements. Mes lèvres se fendent. Les histoires que je racontent n’atteignent que mes oreilles. La bête approche, j’entends ses hurlements. Elle me suit mais je ne l’ai jamais vu. Elle me touche alors que je suis hors de portée de ses griffes. Comment écarter ce mur qui me fait face. Construction inutile et factice qui n’existe jamais vraiment tant sa laideur n’a d’issue. Le liquide fade et putride ne suffit plus à couvrir les fissures. Il se lézarde avec arrogance, trompant seulement les fous qui ne s’en approchent. Les traits, les traits, les traits, les apparences.

Qui s’en moque ? Qui se cache ? Qui y crois encore ?

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Newton




Mais qui se fait tout miel, les mouches un jour le mangent.

6112009

Buridane

La marche, la chute, les dés, l’Histoire, les certitudes, la somnolence, le détachement. Marcher.

Je me trouve face aux aspérités de la haute muraille. Assise, mais mon siège grince. Je respire doucement, pour cacher les vapeurs de mon souffle. Le chemin derrière moi a disparu. Alors j’illusionne les oiseaux. Je m’efforce de gratter pour accentuer les marques, pour pouvoir y prendre appui. Mes ongles s’accrochent et se déchirent. Mes doigts saignent. je cache mon menton dans mon col, mais mes jambes sont déjà gelées. Il ne me reste que mes bras. Il ne me reste rien. Les flocons me recouvrent doucement. Ils adoucissent la falaise.

Et les hommes me fatiguent, leurs délires incohérents et agressifs. Et je ne peux me résoudre à tout laisser passer. Encore plus stupides que ceux-là qui, finalement, ne font que vivre.

Et l’autre nuit, j’ai rêvé que j’assommais un homme d’un seul coup de poing. Si vous saviez le bien que cela m’a fait…

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Judith Reigl - éclatement




La vie, c’est peut-être cela, un rêve terrifiant.

1112009

Joseph Conrad

Bien sûr qu’elle était gentille, l’inverse n’eut pas été possible. Son corps gras, ses seins lourds, son visage massif, ses petits yeux inexpressifs, sa langue vulgaire et ses mains abîmées excluaient tout autre dérive. Elle gagnait un peu d’argent grâce à sa capacité à saisir les envies, et ses réticences quasi-inexistantes. Avec l’âge, elle n’arrivait plus à trouver le sommeil et la petite lanterne devant sa porte était donc rarement éteinte. On y accédait par une petite ruelle humide et sombre. Et elle offrait tous les services que l’on s’attend à recevoir dans pareil endroit. Il venait souvent. Il aimait particulièrement lorsqu’elle le suçait. Que ses mains caressaient nerveusement ses couilles alors que sa bouche avalait goulûment sa bite. Il la prenait et regardait dans le miroir sa bouche se tordre, et ses gémissements, et la tension dans son vieux corps, et les jeux de lumière dans la masse flasque de son dos, et ses gémissements sourds, et comme son cul s’ouvrait facilement par la force de l’habitude. Il aimait voir le maquillage patiemment élaboré s’écouler doucement dans les crevasses autour de sa bouche. Sous l’antique lumière il ne frappait qu’un seul coup et n’attendait jamais la réponse pour entrer, elle lui réservait ces dimanches soir ratés, comme pour accentuer ce lien qu’il sentait naître entre eux. Elle fumait une cigarette, sur son lit, les jambes déjà écartée pour qu’il puisse apercevoir cette minuscule bite qui ne bandait jamais. Elle portait sa vieille nuisette devenue grise et cette perruque frisée blonde, et ce vernis noir. Les verres étaient disposés sur la table de nuit, sous la lampe, même s’ils n’y touchaient jamais. Elle disait qu’elle aimait ce petit liquide vert qui rappelait la tapisserie de sa chambre d’étudiant. ils baisaient pendant des heures, ne s’arrêtant que pour aller pisser. Elle lui apprenait tous les vieux trucs, pour qu’il puisse garder son sperme et la prendre plus longtemps. il lui lécher un peu le cul et cela suffisait à lui éviter la douleur. Elle expliquait presque en s’excusant qu’elle avait connu quelques bites bien plus grosses. Il ne s’en vexait pas, il savait que certains de ses talents n’étaient réservés qu’à lui. Cette manière de le caresser, de lui lécher chaque partie de son corps pendant qu’il fumait son cigare. Cette envie qu’elle avait de lui, presque gratuite. Bien sûr, elle avait l’âge d’être sa mère, mais pourquoi ne pas s’avouer que cela le faisait jouir bien plus fort. Et lorsqu’il la quittait, elle rester allongée langoureusement dans les draps maculés de sa semence, encore humides de leurs ébats, face au grand miroir. Et elle se souvenait de ses propres enfants, avant qu’elle ne les quitte. Eux qui n’aimaient pas sa moustache.

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Modigliani - femme gitane avec enfant




Il n’y a de sacrifices valables que ceux sur lesquels on se tait.

31102009

Henry de montherlant

De l’étrange conception esthétique des kamikazes.
D’une volonté de marquer des fragments de son corps les scarifications du monde. Régir les codes en relançant les extases des nuées. Transmuter la foi.

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Pakistan, peschawar - 28 octobre